La loi sur le renseignement, kesako ?

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, la sécurité sous toutes ses formes a fait l’objet de débats houleux. Un loi sur le renseignement vient d’être voté il y a quelques jours à l’assemblée nationale, et malgré un vote quasi-unanime des députés, elle ne plait pas à tout le monde. Weepix a donc décidé de s’y intéresser de plus près.

Les principaux détracteurs

Parmi les grands acteurs qui s’opposent ouvertement à cette loi nous pouvons citer :

  • les fournisseurs d’accès à internet et les hébergeurs français qui traitent cette loi de liberticide et anti-économique
  • la CNIL qui souhaite plus de garanties aux personnes sur la mobilisation de ces techniques de surveillance
  • la commission numérique de l’assemblée nationale qui redoute une « collecte massive » et un « traitement généralisé des données »
  • les développeurs de navigateur web, en particulier Mozilla Firefox qui a toujours défendu ardemment les grands principes de logiciels libres de droit, de liberté sur internet et de protection des données
  • le conseil de l’Europe qui redoute qu’un tel pouvoir tombe aux mains d’un gouvernement extrémiste en temps de crise
  • et quelques médias qui critiquent l’aspect global de cette loi qui ne vise pas que le terrorisme, mais aussi d’autres secteurs de la société ce qui pourrait être une menace pour la liberté de la presse

On peut donc constater qu’il y a pas mal de monde qui craint les déviances possibles d’une telle loi sur notre société, d’un point de vue constitutionnel par rapport à nos libertés fondamentales, mais aussi d’un point de vue économique.

Les principes généraux

Comme toujours, une vidéo est plus parlante qu’un long texte :


La loi sur le renseignement expliquée en patates par lemonde.fr

La loi créera également un nouveau fichier judiciaire national des auteurs (mineurs y compris) d’infractions terroristes.

La loi est votée, mais…

Surveillance plus facile à justifier et surveillance de masse grâce à la boite noire… Il y a effectivement de quoi s’interroger sur ce « Big brother français », qui ne semble pas viser uniquement le terrorisme. C’est donc pour cela que nombre de députés et le Président de la République lui-même veulent saisir cette loi devant le conseil constitutionnel afin de la valider (ou non) d’un point de vue purement légal, et constitutionnellement parlant !

Il y a par ailleurs des actions citoyennes qui se sont lancées comme Ni pigeon ni espion par les acteurs du numérique, et une pétition sur change.org.

Doit-on couper nos portables dans la rue alors ?

On a d’un coté une mobilisation de grande ampleur contre cette loi, et en face un gouvernement qui veut réagir de manière forte (et rapidement) face au terrorisme depuis les attentats de janvier. Difficile de savoir comment cela va se conclure, mais la loi a de grandes chances de devoir être remaniée avant d’être adoptée définitivement.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Doit-on sacrifier la liberté au profit de la sécurité ?

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